Visites de nuit (4)
- Détails
- Affichages : 465
Cinq heures du matin, branle-bas de combat !
Après quelques semaines de quiescence,
À croire qu'ils étaient partis en vacances,
Les visiteurs, de nouveau, défilent au pas.
Ces serviles barbares, maîtrisant bien leur rôle,
S'éparpillent alors sans la moindre parole
Et, l'arme au poing, rejoignent leur place en courant.
Cette guerre acharnée reprend donc de plus belle :
À cent contre un, lutte inégale, gagnée d'avance,
Ces horribles soldats déchaînent leur violence,
Embrasent l'horizon, prennent la citadelle.
Capitulant, épuisé, affreusement las,
Vaincu et honteux, l'assiégé rend les armes.
La bataille fut brève, arrachant maintes larmes :
Six heures du matin, c'est la fin du combat !
© Robert Gastaud juin 2008
Visites de nuit (3)
- Détails
- Affichages : 497
Le retour
En vainqueurs, leur concurrente presque éliminée,
Les visiteurs, déjà, reprennent leur conquête.
Rageurs, pleins d'allant, fourbissant leurs baïonnettes,
Ils abandonnent bientôt leur camp retranché.
Courant tous azimuts, précédés d'éclaireurs,
Occupant le terrain et sachant que leur hôte
Ne résistera pas au doux bruit de leurs bottes,
Chacun allume un feu, chacun choisit son heure.
De leurs poignards, de leurs lames meurtrières,
Suivant les ordres impérieux de leurs meneurs,
Ils déchirent, déchiquètent et sèment le malheur,
Étendent leur emprise et n'en sont pas peu fiers...
De nuit comme de jour, ces ardents fusiliers,
Décochent sans pitié leurs tonnes de missiles.
La lutte est inégale, la victoire facile.
Comment leur résister, seul contre des milliers ?
© Robert Gastaud - 9 mai 2008
Visites de nuit (2)
- Détails
- Affichages : 428
La lutte sans merci
Les visiteurs, patiemment, ont pris position.
Maintenant bien retranchés, dos à la paroi,
Vingt-quatre heures sur vingt-quatre, attentifs, aux abois,
Ils veillent désormais, tirent sans sommation.
Très jaloux de leur concurrente silencieuse,
Ils se barricadent avec obstination,
Étendent leur empire, confortent leurs positions,
Bien décidés à ne laisser à cette gueuse
Nul répit, pas le moindre pouce de terrain,
Quand bien même elle occupait peut-être la place
Depuis bien des saisons, muette comme la glace,
En tissant patiemment sa toile de fils d'airain.
Quoi ? Se laisseraient-ils prendre ainsi la vedette
Par une concurrente ridicule et inique ?
À moins que cette innommable et fieffée cynique
Mène en fait avec elle une armée de coquettes ?
Face à cette lutte sans merci pour le pouvoir,
Leur hôte en tout cas ne s'en sort pas indemne
Subissant des uns comme de l'autre l'hymne
Qu'en futur vainqueur chacun, criant fort victoire,
Entonne alors gaiement jour et nuit sans faiblir,
Les visiteurs brisant le calme de la nuit,
Leur ennemie en plein jour traînant son ennui,
Ponctuant son discours de trois points à blêmir...
© Robert Gastaud 16 mars 2008
Visites de nuit
- Détails
- Affichages : 447
Les entrailles habitées de cent djinns malfaisants
Caparaçonnés d’oursins ou encor de tessons…
Avez-vous donc vécu cette affreuse sensation ?
Bien armés, sitôt la nuit noire se promenant,
Follets déphasés, mettant sur le grill vos nerfs,
Très longtemps avant l’aube jouant les escargots,
Progressant, s’arrêtant au moindre soubresaut,
Rentrant dans leur coquille comme eux savent le faire.
Reprenant aussitôt leur train de sénateur,
Prétextant que comme eux l’on doit aussi veiller,
Ne vous laissant le plus petit instant de paix,
Se moquant éperdument du lieu et de l’heure,
Vous harcèlent, vous torturent sans nul atermoiement,
Vous usent sans scrupule, vous laissent épuisé…
Et au matin, quand vient enfin l’heure du lever,
Vous jurent un prompt retour en s’éclipsant gaiement.
© Robert Gastaud, 6 février 2008
